Interview (Tillate.com)

Ton album est à la fois drôle, décalé mais assez sombre notamment du point de vue des relations amoureuses. Délire artistique ou album autobiographique ?

Non, ce n’est pas du tout un délire artistique. C’est autobiographique sur une certaine période de ma vie. L’an dernier, lorsque j’ai composé cet album j’étais dans une passe de trouble sentimental. J’ai cru des choses de la part d’un garçon, j’ai été déçue et voilà, je dévoile totalement cette période… Je ne me suis mis aucune barrière dans l’écriture !

Finalement, les relations amoureuses et ses ratés restent un thème incontournable pour faire de belles chansons ?

C’est beaucoup plus simple que de parler de la pluie et du beau temps ! Il y en a qui arrive très bien à écrire sur tout et n’importe quoi : sur un dîner, sur des objets, sur un tableau comme Vincent Delerm et Bénabar… J’aimerais bien y arriver aussi mais je me sens beaucoup plus à l’aise sur des choses vécues…

Tu n’es pas tendre avec le « Sombre con » dont tu parles dans ta chanson ! Limite un peu castratrice pour le pauvre garçon !

(Rires) A ce point ? Eh bien j’ai vraiment écrit les sensations que j’avais à ce moment là ! Après une rupture, surtout lorsque l’on ne la provoque pas, on passe pour tous les stades ! Ce garçon, j’avais l’impression qu’il avait grandit à travers mon amour, qu’il avait tout pris pour lui et puis basta ! Et après avec le recul, tu te rends compte que ce n’est pas que de la faute de l’autre !

Comme dit le « Grand Popo Football Club », tu penses que « les hommes, c’est pas des mecs bien ? »

Ah non ! Je ne suis pas féministe du tout ! Je n’ai pas envie de cracher sur tous les hommes ! Car même si le dialogue entre homme et femme n’est pas toujours évident, on ne peut pas vivre l’un sans l’autre !

Ma chanson préférée de ton album a été dès le départ « Ciao Bella ». Peux tu m’en dire un peu plus sur cette chanson ?

Cette chanson parle de mon grand père. « Ciao Bella » sont les derniers mots que mon grand père m’a dit. J’ai mis du temps à la chanter sur scène car au début je ne pouvais m’empêcher de pleurer… Et encore maintenant, je ressens toujours une grosse émotion quand je la chante.

Ton album est très intéressant car on peut très bien l’écouter en fond sonore tranquillement chez soi mais aussi très bien imaginer l’énergie que les chansons peuvent dégager sur scène. C’était une volonté de ta part d’allier les deux ?
Effectivement, j’essaie de travailler la scène dans ce sens. Des fois, je trouve mon album trop « clean » et sur scène j’aimerais le rendre plus rock ou plus folk et moins épuré !

Comment te situes tu sur la scène féminine francophone qui compte déjà de nombreux artistes comme Anaïs, Camille, Pauline Croze… ?

Il y a plusieurs catégories… Camille c’est beaucoup plus musical, Anaïs c’est un vrai One Woman Show. Moi je me considère plus comme une chanteuse française à texte jouant de la folk ! Voilà tout ! (Rires)

Et que réponds tu à ceux qui disent qu’il y a trop de « chanteuses à texte » à l’heure actuelle ?

Je trouve ça vraiment bien que les filles s’y mettent. Il y a plus d’émotion dans une chanson quand c’est une fille qui l’interprète. Le problème des mecs, c’est que c’est plus souvent parlé que chanté. Donc j’attends maintenant la nouvelle vague des chanteurs qui chantent !

Dans quel état d’esprit est on lorsque des Alain Souchon, Axelle Red ou Martin Rappeneau nous font appel pour assurer leurs premières parties ?

La première fois avec Souchon, j’étais très, très touchée. Il m’a laissé carte blanche et là, ça te permet de prendre du galon, c’est sûr ! Et puis tu te dis « Si lui m’a voulu, c’est qu’il a aimé ce que je fais », personne ne m’a imposé à lui donc c’est gros signe de reconnaissance ! Ce qui est difficile, c’est que c’est un public différent à chaque fois et l’enthousiasme se manifeste différemment. Il y a tellement de facteurs qui jouent… En Province par exemple, je trouve que l’on plus se lâcher qu’à Paris, je suis moins timide.

La scène, est ce la finalité de ce métier pour toi ? J’ai lu que tu avais peur de ne pas en être capable…

Ca me rappelle un peu mon métier d’institutrice ! (Rires) Je n’oublies que je viens d’une estrade ! C’est tout de même difficile car, je ne suis pas habitué à jouer avec des musiciens. En plus sur scène, j’ai vraiment envie de faire quelque chose de différent par rapport à l’album !

Enfin, le duo de tes rêves ?

Cela aurait été incontestablement avec Janis Joplin… Sinon, j’adorerais faire un duo avec Jack White ou –M-

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