Interview Rock’n’France

Interview réalisée par le site http://www.RocknFrance.fr

Rose est une fleur née d’un croisement entre Bob Dylan et Janis Joplin tout en adaptant cette greffe à la chanson française. Ce joli métissage qu’est Rose est disponible dans un disque éponyme. La liste serait trop longue pour décrire ses qualités et la galanterie m’empêche de citer les maigres défauts de cet album.

Pourquoi avoir attendu 27 ans pour devenir chanteuse ?

Rose : «Tout simplement parce qu’il m’a fallu tout ce temps là pour prendre conscience de ce que je voulais faire. Je chantais depuis longtemps et pas que sous ma douche. Je ne chantais jamais mes compositions. Je chantais dans des bars, je faisais des reprises à la guitare mais pour me lancer avec mes propres chansons cela a été long.»

Ce réveil artistique tardif c’est un avantage ou un inconvénient ?

Rose : «J’ai vraiment l’impression d’avoir été chanceuse. Que cela m’est tombé dessus au bon moment. Si j’avais eu l’aubaine quelques années auparavant de trouver une maison de disque, je pense que je n’aurais pas été prête. De plus, ce n’est finalement pas tard de commencer une carrière à 27 ans mais dans la musique on commence plus tôt et à un moment donné cela prend, mais pour mon cas, c’est arrivé tardivement mais ça a marché tout de suite !»

Vous avez été institutrice, c’est très compliqué de parler de Janis Joplin à des enfants français qui ne connaissent que la starac’ ?

Rose : «Oui effectivement (rire) mais même de parler des Beatles c’est dur ! (rire) Ils ont une culture musicale assez déconcertante. Mes élèves de 8 ans ne connaissaient pas autre chose que K.Maro.»

Toute cette envie de poser sur disque vos mots est venue d’une rupture ?

Rose : «Tous les textes qui ont été écrits pour cet album l’ont été l’année dernière à un moment donné de ma vie où je ne pouvais pas faire autrement que de raconter la douleur qui se passait en moi. Il y a heureusement des textes avant et après qui parlent d’autres sujets, même si le thème principal de mes chansons, c’est l’amour. Et là c’était surtout l’échec amoureux qui m’intéressait de mettre en musique.»

Vous jouez avec les mots pour combattre vos névroses ?

Rose : «Ca m’aide beaucoup en tout cas. Ca aide quand on les écrit et ça devient encore plus thérapeutique quand les gens les chantonnent, et que mes titres puissent aider des personnes à se sentir mieux. Là comme aujourd’hui, tout va bien j’ai l’impression que ce disque a été une thérapie tout au long de l’année, au fur à mesure qu’on appréciait mes compositions. Je ferais juste attention à ne pas devenir le porte parole d’un désespoir (rire). Vous savez à la Bob Dylan qui était le porte-parole qui n’a rien voulu. J’ai l’impression de ne parler que de moi sur ce disque, alors devenir une icône des femmes en détresse, cela ne m’intéresse pas. Mon disque est féminin et pas du tout féministe.»

Tous vos textes étaient ils destinés à devenir des chansons ?

Rose : «J’avais des textes, par exemple « La liste » j’avais écrit dix pages sur les choses que j’avais envie de faire et qu’on se dit, c’était mieux de les faire à deux. Et puis, je sais pas, un jour j’ai pris ma guitare et voilà.»

Entendre à la radio votre single « La Liste » programmé un peu partout, c’était prévisible ou une vraie surprise ?

Rose : «En fait malheureusement je ne l’ai jamais entendu par surprise. Je n’écoute pas beaucoup la radio et je n’ai jamais eu l’occasion de rentrer dans un magasin ou un taxi pendant que mon titre était diffusé. Je peux même vous dire qu’à un moment avec mes amis nous l’avons cherché sur une play-list pour savoir quand il allait être programmé. Par contre je peux vous dire que j’ai été très surprise quand j’ai vu le clip ou la pub à la télé ! Il y a certaines choses qui vous font prendre conscience que le public a accès à votre univers.»

Où se place Rose dans la Chanson Française ?

Rose : «Je ne sais pas c’est de la chanson française… j’espère à texte. On ne peut pas me classer dans la chanson réaliste actuelle car ce n’est pas ça, ça ne ressemble pas à du Delerm, du Cherhal ou du Bénabar. C’est vraiment très terre-à-terre mes chansons. J’espère que ça ne sonne pas comme de la variété qui tâche. C’est là, c’est pas à part, c’est pas dedans.»

Votre culture musicale anglaise se fait ressentir sur ce disque ?

Rose : «Je n’écoute pas de chanson française en fait. Ce que j’écris vient de mes lectures. Tout ce que je pourrais piquer à la chanson française vient du texte : pour moi Souchon ou Gainsbourg, c’est de la littérature. Musicalement quand j’entends Janis Joplin même si je comprends rien (bon en général je comprends car j’ai usé et abusé de sa musique) je serais touchée par la voix, la musique et l’univers.»

Vous avez comme accompagnateurs sur votre disque, autant en production qu’en musiciens, de chouettes artistes aux CV éloquents ?

Rose : «Je ne m’en suis pas rendu compte. J’étais dans l’euphorie de l’instant. Je n’ai pas eu le temps de me poser 10 000 questions. Souvent je l’ai même appris après. Aujourd’hui si c’était à refaire, peut être que je ne reprendrais pas des gens aussi expérimentés et aussi connus dans le milieu. J’essayerais plutôt de chercher ailleurs… »

Pourquoi ?

Rose : «Peut être un petit peu trop bien produit. Dans le premier album il y a toujours quelque chose à redire. En studio je me suis éclatée, j’ai aimé diriger et dire quand ça allait et quand ça n’allait pas. Mais après je me suis demandé pourquoi à un moment, j’ai fait ça au lieu de laisser autre chose de plus naturel. Comme c’était des gens qui avaient déjà fait beaucoup de chose, mon disque ressemblait à beaucoup de choses. Si j’avais eu des personnes moins expérimentées mais avec des idées, cela aurait peut être ressemblé un peu plus à moi.»

L’endroit où vous pouvez vraiment dévoiler votre nature, c’est la scène ?

Rose : «Oui même si c’est un peu compliqué car je joue souvent en première partie d’artistes et je suis seule à la guitare. Je prends du plaisir jusqu’à un certain moment car ce n’est pas mon public, ce n’est pas ma formation qui m’accompagne et me sécurise, donc parfois c’est difficile.»

Dresser la liste des choses que voudrait faire Rose dans la musique c’est possible ?

Rose : «Cela serait de continuer à écrire. De travailler ma guitare car je reprends des cours. De faire un duo avec M. D’écrire une chanson pour un artiste que j’apprécierais comme : Jacques Dutronc… Et faire un jour une scène bien rock n’roll.»

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