Quand Rose m’a demandé d’écrire sa bio, j’ai été flatté et puis j’ai refusé.
Parce que c’est difficile d’écrire sur une fille qui parle aussi bien d’elle et de nous tous. J’ai refusé pour éviter de tenter la belle phrase et d’être rattrapé et plaqué au sol par ses textes d’une évidence et d’une précision incroyable. Elle a cette audace du mot juste sans chercher l’artifice.
Et c’est peut-être pour ça, quand on l’écoute on a parfois l’impression de s’entendre penser, mais en mieux.
Je me suis défilé parce que je suis nul en dates et que je suis incapable de classer des événements dans un ordre chronologique. Et dans une bio il faut donner des informations.
A part la musique, elle a fait pas mal de choses. Dans le désordre et rapidement : institutrice, du droit, est allée en Israël , s’est mariée mais pas longtemps, a écrit des chansons depuis l’âge de 8 ans, son vrai prénom c’est Keren, a réussi à déchiffrer seule l’intégralité de la chanson « Si j’étais un homme » de Diane Tell, elle a une meilleure droite que Mike Tyson, elle fait une crise de la quarantaine à 30 ans, elle a enterré des bijoux de sa mère quand elle était petite dans une boite en carton mais ne se souvient plus où.
Et puis il y a eu, son premier disque, « Rose » et ce premier disque : c’était Keren avec ses chansons sous le bras qui découvrait le monde de la musique.
A la sortie de l’album, elle s’émerveillait que 200 personnes achètent son disque chaque semaine. Et puis quelque temps plus tard plus de 500 000 personnes sont allées chez leur disquaire, ont délicatement pris ses chansons dans un bac et sont passées devant la caissière qu’elles n’ont pas manqué de saluer et sont rentrées chez elles pour l’écouter.
Très vite un tube « la liste » et un autre « Ciao Bella » et des concerts, beaucoup de concerts. Elle est devenue Rose. Et Rose sait ce qu’elle veut.
Alors cette fois pour ces « Souvenirs sous ma frange », c’est elle qui va se mettre en musique. Elle a pris une guitare électrique et a écrit treize chansons avec à l’arrivée, un disque qui s’écoute et qu’on ne saurait interrompre dès qu’on a entendu le premier accord.
Il s’ouvre sur « Comment c’était déjà », et tout de suite, même si elle a grandi, on sait pourquoi on aime Rose. Ce dimanche matin, cette maison, ce petit rayon de soleil, ce sourire, si on ne les a pas vécus, on en a forcément rêvé. Et ces « souvenirs auxquels on tient » ce sont presque les miens.
Je n’écrirai pas cette bio et puis c’est tout.
Parce que Rose a écrit « Yes we did ». Cette chanson qui commence comme un petit carnet de bord doux amer de l’année 2008, finit comme un hymne sur les bêtises que l’on a faîtes et que l’on ferait mieux d’assumer. Vous allez entendre longtemps résonner ces « LalaLaLaLa ».
De plus, la jeune fille n’a pas seulement des chansons, elle a trouvé un son. Elle a finalement partagé ses compositions avec deux garçons Thibault et Jérôme d’un groupe appelé 1973. Tous les trois ils ont su distiller des arrangements d’une richesse incroyable, de l’épuré « Hanna » au dixieland de « Ma corde au clou », des violons et des chœurs, chaque mélodie donnera envie au public de s’arracher les cheveux pour choisir un morceau (Encore une fois je suggère l’écoute intégrale du disque).
Et enfin je n’écrirai pas sa bio, parce que, quand j’écoute ses chansons, j’ai l’impression d’entendre la fille qui est en moi. Et elle me plait beaucoup. Parce que Rose a le courage de se livrer dans ses chansons sans jamais être impudique.
Et surtout parce qu’il y a des filles comme ça, on a l’impression que le soleil n’éclaire qu’elle et si elle en doute vous m’aiderez à le lui rappeler.
A great album. Yes she did.
Thierry Teston
Elle se pose là, comme une évidence, comme si elle avait toujours existé.
Rose a vingt huit ans. En a passé vingt sept et demi à chercher sa voix et à présent, sur douze titres qui sonnent comme des poésies, elle nous raconte des chansons, fredonne des histoires.
"Depuis toujours", aussi loin qu’elle s’en souvienne, elle écrit, sur de petits carnets Moleskine, et gratte des couplets qu’elle pose ensuite sur sa guitare.
Elle a su se faire attendre, la jolie niçoise aux yeux bleu gris. Pas sûre d’être assez douée pour monter sur scène, pas sûre non plus que sa simple estrade d’institutrice lui suffirait, c’est d’une rupture que se libère le désir de faire partager ses mots. Rose nous parle d’amour et de ses deux pendants, espoir et désillusion, avec une simplicité attachante.
Un univers drôle, grinçant, obscur parfois. Fidèle au personnage, finalement. Rose aime Janis Joplin et Bob Dylan. De Janis, elle a la folie passagère et le titre du film de Mark Rydell dont elle a fait son nom de scène. De Bob, la poésie, sur fond de guitare folk et d’harmonica.
Si Rose peut écrire des chansons, en quelques heures, et des rimes aussi belles et légères que "Si je me brise aussi souvent pour une bise un mauvais vent", c’est tout sauf un hasard. Une histoire de moment, de maturation.
Et le temps s’accélère. Souchon, séduit par sa fraîcheur et son élégance l’a invitée, elle, Martine (sa guitare), et ses bottes country, à l’Olympia pour une première scène, qui en annonce d’autres, fameuses. On a connu des débuts plus difficiles.
Mais la jolie Rose semble avoir un ange gardien, celui qui "au-dessus de (son) front, tire les ficelles, de (ses) rêves". Sûr que là haut, "au-delà des étoiles", il est fier, son grand-père.
Lionel Abbo
Prix
Talent France Bleu découverte 2007
Prix remis à Rose le 15 novembre 2007 au Zénith de Rouen, par Renaud et Patrick Bruel, parrains de la soirée.
Globe de Cristal 2008
Rose a reçu le Globe de Cristal de la Meilleure Interprète féminine Catégorie Musique, le 11 février 2008 au Lido (Paris).
Les autres nommées dans cette catégorie étaient Vanessa Paradis, Jennifer Ayache (Superbus), Daphné et Pauline Croze.
Festival du clip 2008
Le clip de CiaoBella, réalisé par Paf ! le chien, a reçu le Prix du Jury, section Emergence au Festival International des Arts du Clip 2008.
Le site du Festival du ClipNominations
Etoiles Chérie FM 2007
Rose a été nommée aux Etoiles Chérie FM 2007 dans la catégorie Révélation de l’Année. Elle concourait aux côtés de Frédéric Lerner, Christophe Maén Christophe Willem et Elodie Frégé, qui a remporté le prix.
La cérémonie s’est déroulée le 5 novembre 2007.
Prix Constantion 2007
Rose était parmi les 10 finalistes du Prix Constantin, mais c’est Daphné qui a remporté le prix.
Le concert/cérémonie s’est déroulé le 15 novembre 2007 à l’Olympia (Paris).
Globes de Cristal 2010
En 2010, Rose a fait à nouveau partie des artistes en lice dans la sélection musique des globes de Cristal, pour celui de "la meilleure interprète féminine de l’année", aux côtés d’ Olivia Ruiz, Cœur de Pirate, Emily Loizeau et Charlotte Gainsbourg.
C’est Olivia Ruiz qui a finalement remporté le prix.
La cérémonie a eu lieu au Lido le 11 février 2010, et Rose y a interprété "Comment c’était déjà".
















