{"id":2435,"date":"2010-01-09T21:21:39","date_gmt":"2010-01-09T21:21:39","guid":{"rendered":"http:\/\/www.ciaobella.fr\/site\/?p=2435"},"modified":"2012-02-09T21:23:03","modified_gmt":"2012-02-09T21:23:03","slug":"critique-d%e2%80%99album-ledevoir-com","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.ciaobella.fr\/site\/2010\/01\/09\/critique-d%e2%80%99album-ledevoir-com\/","title":{"rendered":"Critique d\u2019album (LeDevoir.com)"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Ou comment un premier album vendu \u00e0 500 000 exemplaires ne garantit d\u00e9sormais en rien la suite du monde, et encore moins la p\u00e9rennit\u00e9 des amours. Arroser, il faut toujours arroser sa fleur. Entrevue c\u00f4t\u00e9 jardin.\t<\/p>\n<p>Lendemain d&rsquo;atterrissage, grosse journ\u00e9e de promo, Keren Meloul en a visiblement un peu marre de faire la Rose, il est temps que Rose se d\u00e9pose. Elle s&rsquo;affale quelques instants sur sa chaise du Placard (le caf\u00e9 en face du Verre Bouteille, sur Mont-Royal) o\u00f9 nous finissons notre demi-heure. Rose est vann\u00e9e, pourtant pas fan\u00e9e. Elle est trop belle, Rose, la fatigue n&rsquo;a pas de prise. Je la dirais assez contente de l&rsquo;entrevue, pas m\u00e9contente non plus que ce soit fini. Reste la s\u00e9ance photo. On me chuchote pendant que le photographe du Devoir l&rsquo;entra\u00eene au fond du Placard que c&rsquo;est sa torture, les photos. Ne se tol\u00e8re pas en pigments, encore moins en pixels. La voil\u00e0 qui revient marrie, pour ne pas dire f\u00e2ch\u00e9e. \u00abPara\u00eet que je suis pas assez naturelle&#8230;\u00bb Notre photographe veut d&rsquo;autres photos dehors. \u00abVous voulez que je sois pas assez naturelle dehors?\u00bb Elle s&rsquo;entend maugr\u00e9er, sourit. \u00c7a ira? \u00ab\u00c7a ira.\u00bb <\/p>\n<p>Chansons-refuges <\/p>\n<p>C&rsquo;est la m\u00eame Rose qui, dans son deuxi\u00e8me et presque nouvel album, Les souvenirs sous ma frange, ne l&rsquo;envoie pas dire au type qui l&rsquo;a largu\u00e9e: \u00abT&rsquo;es l\u00e0 comme un go\u00fbt amer \/ T&rsquo;es l\u00e2che comme un courant d&rsquo;air&#8230;\u00bb (Comme un marin). La m\u00eame Rose qui commente un brin cyniquement l&rsquo;an de gr\u00e2ce 2008 dans Yes We Did: \u00abJeux de P\u00e9kin, jeux de vilains \/ Et Carla comme si de rien n&rsquo;\u00e9tait\u00bb, \u00e9voquant au passage de dr\u00f4les de mariages, dont le sien, qui n&rsquo;a m\u00eame pas dur\u00e9 le temps que durent les roses: \u00abOn en a vu des candides \/ Se marier, des stupides \/ Yes we did\u00bb. Cette Rose-l\u00e0 n&rsquo;a pas la floraison facile, mais elle a des \u00e9pines. D&rsquo;ailleurs, si elle lit \u00e7a, elle maudira la solution de facilit\u00e9 qui consiste \u00e0 multiplier les connotations florales dans tout texte la concernant. Arr\u00eatons les frais. <\/p>\n<p>N&#8217;emp\u00eache que rien n&rsquo;est simple pour l&rsquo;ancienne prof de petite \u00e9cole. Le premier album, celui de 2006 portant son nom, narrait sur fond country-folk-pop ses d\u00e9boires sentimentaux, terreau fertile s&rsquo;il en est. Les titres \u00e9taient parlants: Sombre con, Les jeux sont faits. Or \u00e7a s&rsquo;\u00e9tait arrang\u00e9 avant l&rsquo;enregistrement de l&rsquo;album, m\u00eame qu&rsquo;elle avait mari\u00e9 le \u00absombre con\u00bb en question. Or \u00e7a s&rsquo;est \u00e0 nouveau cors\u00e9 une fois l&rsquo;album sorti et le fabuleux succ\u00e8s advenu (plus de 500 000 exemplaires vendus), \u00e0 tel point qu&rsquo;elle a divorc\u00e9 du Julien en question. De quoi nourrir le deuxi\u00e8me album. Faudra-t-il \u00e0 nouveau le coeur en miettes pour le troisi\u00e8me? \u00abC&rsquo;est pas sp\u00e9cialement li\u00e9, dit-elle en grima\u00e7ant l\u00e9g\u00e8rement. On peut aussi \u00e9crire des choses terribles quand tout va bien. De toute fa\u00e7on, il faut se mettre dans un \u00e9tat de crise pour \u00e9crire. On va piocher dans la douleur qu&rsquo;on porte tous en soi. Quitte-moi, j&rsquo;\u00e9tais heureuse quand je l&rsquo;ai faite. Elle s&rsquo;est r\u00e9v\u00e9l\u00e9e pr\u00e9monitoire&#8230;\u00bb <\/p>\n<p>\u00c7&rsquo;a donn\u00e9 aussi de fort belles chansons d&rsquo;un autre ordre, sur fond de pop georgeharrisonnienne, qu&rsquo;on pourrait appeler des chansons-refuges, Rose trouvant asile au pays des souvenirs d&rsquo;enfance (\u00abUn tourne-disque qui cr\u00e9pite au loin \/ Sergent Pepper sur un dimanche matin\u00bb, dans Comment c&rsquo;\u00e9tait d\u00e9j\u00e0), ou se lovant au creux douillet du cocon familial: \u00abChez moi on est heureux \/ On est uni, on y parle, on y rit \/ Y a des jours o\u00f9 j&rsquo;me f&rsquo;rais bien la peau \/ Mais j&rsquo;pense \u00e0 eux, vu d&rsquo;l\u00e0-haut\u00bb (Chez moi). \u00celots de certitude pour jeune trentenaire doutant syst\u00e9matiquement de tout. \u00abOn s&rsquo;accroche \u00e0 ce qui vaut la peine, \u00e0 ce qui est s\u00fbr. \u00c0 ce qui va pas nous filer entre les doigts.\u00bb <\/p>\n<p>Plus ou moins \u00e0 z\u00e9ro <\/p>\n<p>Car tout file. C&rsquo;est vrai pour les histoires d&rsquo;amour, c&rsquo;est vrai pour ceux qui font les chansons \u00e0 propos des histoires d&rsquo;amour. Le m\u00e9tier d&rsquo;auteur-compositeur-interpr\u00e8te n&rsquo;est certainement pas pratiqu\u00e9 sur la terre ferme ces jours-ci, l&rsquo;industrie du disque \u00e9voquant plut\u00f4t un paquebot filant droit sur un iceberg d\u00e9tach\u00e9 d&rsquo;une banquise en train de fondre. Fini le temps des carri\u00e8res b\u00e2ties sur un seul succ\u00e8s, f\u00fbt-il immense. Non seulement est-il ardu de survivre \u00e0 un tel <\/p>\n<p>tabac \u2014 le syndrome du deuxi\u00e8me album, au centuple \u2014, mais l&rsquo;usufruit d&rsquo;hier n&rsquo;est plus l&rsquo;usufruit d&rsquo;aujourd&rsquo;hui. Si les salles de sa r\u00e9cente tourn\u00e9e fran\u00e7aise \u00e9taient pleines, elles \u00e9taient aussi moins nombreuses. \u00abY a plus rien d&rsquo;acquis. C&rsquo;est pareil que dans la vie. On croit qu&rsquo;on poss\u00e8de quelque chose, et \u00e7a vous \u00e9chappe aussi.\u00bb <\/p>\n<p>Chez nous itou, elle repart \u00abplus ou moins \u00e0 z\u00e9ro\u00bb. On aurait pu croire qu&rsquo;apr\u00e8s la saturation dans nos radios de La Liste, chanson-Cendrillon du premier album, et surtout le tr\u00e8s euphorique spectacle de Rose aux FrancoFolies de Montr\u00e9al en ao\u00fbt 2008, \u00e7a y \u00e9tait entre elle et le Qu\u00e9bec. \u00c0 une autre \u00e9poque, la tourn\u00e9e aurait suivi, sans tarder. Rose aurait emprunt\u00e9 la voie royale d&rsquo;un Cabrel. La voil\u00e0 pourtant ici en promo hivernale, comme la Grande Sophie, histoire de se faire voir autour de la rencontre de diffuseurs Rideau. Une tourn\u00e9e qu\u00e9b\u00e9coise, de nos jours, suppose un d\u00e9frichage des chemins. \u00abC&rsquo;est bien pour pas prendre la grosse t\u00eate, mais ramer apr\u00e8s chaque album pour ramener les gens dans les concerts, c&rsquo;est dur.\u00bb <\/p>\n<p>Autant appr\u00e9cier ce qui passe quand \u00e7a passe. Le souvenir du spectacle des Francos est vif. \u00ab\u00c7a reste un grand moment pour moi, le Club Soda. Je d\u00e9barquais ici, je savais pas qu&rsquo;on me connaissait. Les gens chantaient les chansons avec moi, il se passait vraiment quelque chose. C&rsquo;est bien pour \u00e7a que je reviens. Je voudrais que \u00e7a se passe comme \u00e7a partout au Qu\u00e9bec, qu&rsquo;on m&rsquo;adopte.\u00bb Elle a dit \u00e7a candidement, tout naturellement. \u00c7&rsquo;aurait \u00e9t\u00e9 le bon moment, pour la photo. \u00abJe sais que chez vous, quand on adopte, c&rsquo;est pour la vie.\u00bb\n<\/p><\/blockquote>\n<p>\u00bb\u00a0<a href=\"http:\/\/www.ledevoir.com\/culture\/musique\/282506\/disques-la-deuxieme-floraison-de-rose\">Lire l&rsquo;article original<\/a><br \/>\n\u00bb\u00a0<a href=\"http:\/\/www.ciaobella.fr\/forum\/viewtopic.php?t=615\">On en parle sur le forum<\/a><br \/>\n\u00bb\u00a0<a href=\"http:\/\/www.ciaobella.fr\/site\/web\/\">Retour \u00e0 la page WEB<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ou comment un premier album vendu \u00e0 500 000 exemplaires ne garantit d\u00e9sormais en rien la suite du monde, et encore moins la p\u00e9rennit\u00e9 des amours. Arroser, il faut toujours arroser sa fleur. Entrevue c\u00f4t\u00e9 jardin. 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